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Se fondre dans les volumes colorés et enchanteurs.

Résidence secondaire”, c’est en quelque sorte le re-équilibrage d’une échelle des valeurs souvent questionnée dans le domaine du spectacle vivant entre l’artiste montreur et le public spectateur.

Résidence secondaire” propose un temps de mise en jeu unitaire et fusionnel durant lequel les artistes et le public sont amenés à marcher sur un pied d’égalité, à construire et déconstruire la scénographie des endroits, à faire ou à regarder faire. Cette dynamique de déplacement du regard procède à la multiplicité des possibles, à l’intégration des différents états de corps et d’esprits. Elle offre des changements d’axes et de point de vue sous des angles multiples ; Elle représente aussi une responsabilisation dans la gestion de son temps, des choix dans la ponctuation de ses propres espaces de répit. Chacun a le loisir d’apprécier, autours d’un concept déambulatoire, des panoramas dans lesquels l’action se déroule. Nous y observons les battements de la micro-société qui s’y forme. Ici nous goûtons à une relation simple et conviviale entre l’artiste déclencheur du processus et le public qui se prête à l’expérience. Après que l’aventure nomade se soit déroulée, l’exercice sédentaire se dessine ; la maison que l’on construit ensemble, l’abri sensé protéger la collectivité des intempéries ou des agressions extérieures, révèle aussi la nécessité de se rassembler dans le foyer. Ce toit fait de tissus juxtaposés, constitue en partie l’élément fondateur de la communauté. Suivant le textile employé pour le recouvrement, les variations lumineuses transparaissent donnant ainsi le sentiment d’une nature participative pleinement engagée dans l’encadrement de la société des êtres. Dans cette tentative de délimitation d’un territoire, le textile posé aléatoirement joue à varier l’intensité des couleurs ; les tissus volent, laissant passer un peu de cet air si nécessaire dans les relations joueuses ou ludiques qui s’y développent, Une sorte de porosité libératrice qui semble, dans la contemplation du cadre et des visages, effacer les inhibitions et favoriser le bien-être de chacun. Si bien qu’il paraît difficile de donner ou d’imposer une temporalité précise à l’exercice.

La question se pose de savoir comment le public se considère dans sa relation à l’œuvre. Avant que des projets tels que “ Résidence secondaire ” n’aillent au contact direct avec le public, ne se sentait-il pas exclu ? Ici, dans le cadre de ce qu’il faut bien appeler une redistribution des rôles, le public retrouve la liberté de ses choix, se jouant des situations dans ses espaces émotifs et temporels. Dans l’histoire du spectacle vivant l’artiste a tourné autours du public, le public a tourné autours de l’artiste jusqu’à parfois lui tourner le dos. N’est-ce pas ici un nouveau départ comme une mise à niveau égalitaire pour mieux redéfinir, désaxer, décliner, nous réconcilier enfin avant une nouvelle épopée. Un processus visionnaire qui annonce une nouvelle définition des territoires et une révolution dans les rapports qui s’y joueront. À l’évidence, ces personnes étaient transportées vers un chemin connu mais peu emprunté dans leur vie de tous les jours. Elles ont répondu présentes à une invitation pour venir partager une expérience chorégraphique ; elle paraît être au final une expérience d’un nouveau genre, plus sociale que chorégraphique. Plus conviviale que “ spectaculaire ” ; Une expérience dont le corps est le vecteur. Le “ spectaculaire ” ou la performance artistique, à ce stade de l’expérimentation, se situe dans la beauté stupéfiante du site et de ce que les gens y fabriquent sans se soucier forcément de la productivité ; espace de jeu idyllique où l’on retrouve le temps de vivre, de chanter, de danser et de rire.
Suivant un parcours guidé dans un cadre peu fréquenté ou peu fréquentable, la proposition se définie ici comme une expérience de découverte. Elle instaure une relation à l’utilisation des lieux avec la mise en perspective d’une scénographie instantanée dans des territoires composés de détours et de recoins où les femmes et les hommes retrouvent leur capacité de sociabilité ; c’est presque une démarche thérapeutique qui nous fait reprendre de l’air parce qu’elle remet en cause des choses que nous pouvions croire établies pour toujours. Mais ne faut-il pas simplement revenir à la question de la permissivité dans nos sociétés ?. Ne faut-il pas réinventer des espaces à traverser suivant une logique naturelle et donc écartée des territoires de l’interdit et de l’imposition qui s’applique à l’utilisation de notre temps, laquelle est à l’évidence, à notre époque une propriété individuelle largement bafouée.

Christophe Haleb nous propose d’ouvrir les yeux, de considérer nos présences, notre voisinage. Il s’attache aussi à ce nous ouvrions la bouche pour que la parole puisse jaillir, pour que la pomme de la discorde soit dévorée.

Jean-Jacques Sanchez

La Zouze - Cie Christophe Haleb www.lazouze.com

P.-S. Je suis allé voir "Résidence Secondaire" présenté durant le festival d’Uzès 2008. Autre lieux, autre cadre, autre contexte, autre conjoncture... autre regard... ce qui m’a donné envie de ré-éditer cet article. Merci à Christophe Haleb et à son équipe.



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