sponsors & partenaires
http://revalisables.blogspot.fr

  
Mot de passe perdu
S'inscrire
   sponsors & partenaires
http://www.facebook.com/ladansepointcom/

Dans l'annuaire...

Danse depuis 11 ans et j'en ai actuellement 16. Nombreux spectacle et quelques solo.

Le coaching par la danse permet re devoir sa façon d'être et de penser afin de pouvoir atteindre des objectifs personnels ou professionnels. La coach ...

L'association Courteline, située en plein coeur de Tours (37), propose des cours hebdomadaires de danse pour les enfants, ados et adultes. Pour les ...

Selon l’arrêté du 15 décembre 2006 fixant les critères du classement des établissements d’enseignement public de la musique, de la danse et de l’art d...

Curieux Mouvement est un journal en ligne consacré à la danse rédigé et édité par Lucie Van de Moortel. Vous y trouverez des articles sensibles et cri...

Le portail des danses de couple de Paris et de sa région. Sorties, stages, cours, radios, description des danses et informations variées sur toutes l...



la danse.com


dada b.a. ba par Nicolas Villodre

La pièce de Daniel Linehan titrée, dirait-on, par tirage aléatoire de consonnes dentales et labiales, dbddbb, découverte mi-janvier 2016 à Pompidou, est, d’une part, une création digne de ce nom, de l’autre, un spectacle “vivant”, le plus sérieusement interprété par l’auteur et ses doubles, le quatuor polytechnicien formé par Anneleen Keppens, Liz Kinoshita, Marcus Baldemar et Victor Pérez Armero.

Cela démarre dans la pénombre, par le doux balancement d’un métronome lumineux et muet annonçant celui du corps d’un ballet réduit à l’essentiel, ainsi appelé à s’animer, sous les épées de Damoclès d’un décor mi-Op, mi-cinétique, mi-bar chimes, designé par des disciples de Soto ayant pris pour nom de pinceau 88888 complété par l’hyperréaliste girouette de deux séries de godillots – dix-sept en tout, si notre compte est bon, huit paires plus une, la part du pauvre, d’un cygne monopède ou d’un canard boiteux – fixant les points cardinaux et rappelant que nous sommes dans l’univers d’un Petipa, d’un Millepied, d’un Noé Soulier.

On n’est certes plus là pour rigoler, comme au bon vieux temps des débuts du toujours jeune chorégraphe, celui du Théâtre de la Bastille ou du Potager du Roi. Tout se passe comme si, pour des raisons de planning (= chronophagie de l’invention gaguesque), de surmoi (= desiderata des commanditaires) ou d’évolution personnelle (= promotion démiurgique), Linehan avait décidé de renoncer pour un moment à la veine légère (= comique), anecdotique (= en trompe-l’œil), potache (= pataphysicienne) pour prendre “au pied de la lettre” le nom d’opéra (= celui, particulier, localisé à Lille, ou, le concept, plus abstrait ou général, de Gesamtkunstwerk).

Cela démarre et ne s’arrêtera plus, ou presque, une heure vingt durant. Vêtus de collages textiles confectionnés par Frédérick Denis suivant le principe d’asymétrie inauguré dans les Années folles par Paul Colin pour de brèves culottes et des tenues légères scéniques de Joséphine Baker, industriellement appliqué au milieu années 80 par Thomas Meyer, maquillés de tatouages et de lignes colorées, différents les uns des autres en même temps que terriblement élégants, les virtuoses danseurs s’avèrent être aussi des maîtres chanteurs. Les individualités se fondent dans une danse chorale, qui va de la course en manège à la techno parade en passant par le pointing rap, tandis que les voix modulent à l’unisson des poèmes phonétiques, pour ne pas dire lettristes, inspirés par Tzara, Huelsenbeck ou Janco. En rythme – tant il est vrai que les danseurs modernes ont pris l’habitude de compter sur eux – et sur leurs propres forces. À contretemps, également, ne serait-ce que pour montrer que le reste du temps, ils ne le sont pas...

Que manque-t-il donc pour que l’œuvre opératique dbddbb soit le chef d’œuvre immortel escompté? Pas grand chose, en fait. Plus l’ampleur? Sans doute. Plus de profondeur et d’intensité? Peut-être. Plus d’imprévu? Il y a des chances. La “boiterie poétique” chère à Cocteau, par la pompe annoncée? C’est probable. Toujours est-il que nous avons passé une excellente soirée et que le spectacle sort de l’ordinaire, si on le compare à ceux des bavards invétérés qui encombrent nos scènes, aux “perfs” privées d’expression corporelle, aux cabotinages sans entrain ni enjeu à prétention psychologique, métaphysique ou littéraire, aux tribulations onkriennes d’un New Age hors d’âge. On ne peut faire du neuf qu’avec du neuf!

dbddbb vaut le déplacement et gagnera, c’est certain, à être revu. Et, bien entendu... réentendu.

Nicolas Villodre - villodre@noos.fr

Photo 1 / Photo 2 © Nicolas Villodre

Daniel Linehan / Hiatus choreography, dance, performance, etc. dlinehan.wordpress.com



RECHERCHER

sponsors & partenaires
http://revalisables.blogspot.fr

Sommaire par rubrique



les derniers articles

Voir tous les articles