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En compagnie d’Asura par Nicolas Villodre

Asura, la pièce de Naomi Muku, qui constitue le premier programme de la visite annuelle tant attendue de la Compagnie Dairakudakan que dirige artistiquement Akaji Maro, interprétée par neuf excellents danseurs formés au style de son singulier butô, nous a parue totalement réussie.

Econome en éléments décoratifs – en ce qu’il est convenu d’appeler la scénographie –, l’œuvre est bien servie par la subtile composition musicale de Keita Matsumiya, les éclairages aux ambiances les plus variées de Noriyuki Mori et les costumes unisexes, minimalistes, parfaitement coupés de Mika Tominaga. Structurée en six tableaux espacés par des fondus au noir, la production de Miss Muku, étrennée en 2015 à Tokyo, récompensée par le prix de la critique de danse l’an dernier, est captivante de bout en bout, qui plus est, impeccable par sa structure et son exécution. Naomi Muku évoque à sa façon la figure guerrière démoniaque d’origine hindouiste de l’Asura du temple Kofukuji à Nara, capitale du Japon au VIIIe siècle d’où proviennent Maro et la chorégraphe. Hyperactifs par définition, les dieux et héros mythiques hindous ont besoin de bras et en ont été pourvus par la nature ou la coutume, certains de quatre, comme Brahma, Lakshmi, Saraswati, Shiva Nataraja, le danseur cosmique, d’autres de plus comme Kama ou Durga. La figuration de ce surmembrement ressemble aux tableaux futuristes simulant le mouvement et aux captures chronophotographiques de celui-ci.

Dans le cas qui nous occupe, l’Asura est, à un moment donné, synthétisé par illusion d’optique, nanti de quatre membres supérieurs, la première danseuse occultant le corps de sa consœur placée derrière elle. Si l’Asura de Nara n’a que trois têtes, Naomi Muku, sans perdre la sienne, nous en fournit quatre, pour le même prix, des grosses têtes en carton-pâte ou en résine, un peu comme celles des carnavals du nord de la France. Elle sait très bien où et quand donner de la tête et se retrouve, vers la fin de la soirée, pourvue de cinq, la sienne comprise. Les titres des trois premières sections de la pièce décrivent clairement l’action principale. Le Cordon ombilical est une façon naturelle d’advenir au monde – d’accoucher sur scène –, au lieu d’entrer communément par jardin ou cour. On se souvient que Shiro Daïmon s’était, dans cette même salle, en 2008, de la sorte, acrobatiquement glissé sur le plateau. Cela fait son effet, la danseuse étant restée, un certain temps, camouflée dans les lianes nouées aux cintres et notre regard, détourné par les tours et détours de deux de ses collègues sortant des limbes en défaisant la longue bande Velpeau les enserrant chacune – allusion à peine « voilée » à la route de la soie reliant l’orient à l’occident ou inversement, dont parle l’auteure dans le programme.

Les femmes rient mécaniquement, ce qui nous inquièterait plutôt, au lieu de nous rassurer ou de nous amuser. Cette séquence, très réussie, apporte une touche grotesque à l’ensemble, sans excès, cependant, tout étant ici lissé, policé, finalement assez sage. La bande-son inaugure l’opus par de discrets tintements de cloches qui donnent une coloration religieuse à la démarche de la chorégraphe. Ce culte étant syncrétique, résultant du mélange, de l’avatar ou de l’adaptation du bouddhisme par le shintoïsme, la musique fusionne de son côté ancien et contemporain, animisme et bruitisme, baroque et électro. Les tableaux de la fin sont poétiques par leur appellation, parodiques à bien des égards et efficaces du point de vue dramaturgique. L’atmosphère fantastique, par endroits saugrenue, est soulignée par le jeu de lumière le plus adéquat ou juste suivant le déroulé. Garçons et filles évoluent avec aisance et grâce, quelles que soient les difficultés techniques, les positions acrobatiques, les enchaînements improbables qui leur sont imposés. Ils méritent, selon nous, que leurs noms soient mentionnés : Naomi Muku, Kohei Wakaba, Kenta Sakazume, Keita Arai, Azusa Fujimoto, Jongye Yang, Oran Ito, Yuna Saimon, Mai Taniguchi.

Le choix même du guerrier démoniaque que symbolisent les flèches crevant les yeux de la protagoniste et s’entassant au sol comme des baguettes de mikado, rappelle qu’il s’incarne de nos jours en soufflant la terreur d’un bout à l’autre de la terre. C’est sans doute la raison pour laquelle Naomi Muku clôt son ballet blanc en le teintant de pourpre.

Nicolas Villodre villodre@noos.fr

Photos Jean Couturier ©  D.R.

www.dairakudakan.com



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