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Petites et grandes scènes par Nicolas Villodre

Cédric Chaory nous a donné l’occasion d’assister à l’une des séances de la manifestation La Grande scène, programmée par la plateforme nationale des petites scènes ouvertes dans la belle salle du Carreau du temple, début décembre 2017.

La soirée faisait suite à la Rencontre « nationale danse # 3 » qui s’est tenue durant deux jours au Théâtre Paul Eluard de Bezons. Le but de l’opération, ainsi que précisé par Annette Jeannot, directrice des Journées « Danse dense » et Jean-François Munnier, codirecteur de l’Étoile du Nord, qui ont présenté la vêprée aux côtés de Sandrina Martins, la directrice du Carreau, est de favoriser l’émergence de jeunes écritures en danse, autrement dit, non seulement d’interprètes mais de chorégraphes, ce qui n’est pas du tout évident. Pas facile, selon nous, de remplacer un Jaque Chaurand, disparu cette année, encore moins de retrouver l’esprit d’ouverture et de découverte qui a caractérisé cette figure des années 70 et rendu légendaire le Concours de Bagnolet... Sur plus d’une centaine de « dossiers », neuf seulement ont été retenus pour cette édition, desquels seront soutenus financièrement les deux qui convaincront le jury, l’un en coproduction, l’autre en termes d’aide à la tournée.

Home, du Normand Paul Changarnier, pièce représentant... l’Auvergne Rhône Alpes, marrainée par Ophélie Coq et le Centre chorégraphique national de Rilleux-la-Pape, relève, selon nous, plus de la démo, pour ne pas dire « show case », de batteur que de chorégraphie proprement dite. Tout s’y passe en effet comme si les interprètes, Julia Moncla et Thomas Demay, n’étaient là que pour mettre en valeur les indiscutables qualités rythmiques et arythmiques (cf. les gels de mouvements du duo en synchronie avec les silences ou temps morts du batteur) du trentenaire. Quoique tous trois pieds nus, sans réelle nécessité, ils n’ont de danse produit rien de substantiel ni élargi la définition d’un art qui en a pourtant vu d’autres, des vertes et des pas mûres. Le couple nous a livré une pantomime indéchiffrable, non qu’ils n’aient de talent mais, c’est probable, en raison de notre déshabitude avec les codes de cette antique forme d’expression corporelle. Il va sans dire que les numéros de percussion étaient tous très brillants, enrichis de plages électro diffusées en playback.

Rafales, du Parisien Benjamin Bertrand, pas de deux interprété par l’auteur et Léonore Zurflüh, présenté par Christophe Potet, le Théâtre Auditorium de Poitiers et la région Nouvelle Aquitaine, nous réconcilie avec l’art de Terpsichore. Le duo est au point, l’idée chorégraphique est simple mais suivie de bout en bout. La différence de taille des interprètes ne gêne aucunement leur statut provisoire de siamois, identiquement et courtement vêtus, sous-vêtus, dévêtus, qui finiront par se dissocier. Un troisième larron, Florent Colautti, en réserve de la république, incite le couple à onduler au son, non d’une flûte, mais de séquences mixées en direct à l’aide d’un ordi portable. Une sculpture aléatoire signée du chorégraphe et de Patrick Laffont, aussi mobile et éthérée que les danseurs, fait office de décor, côté cour. La proposition est simple, et efficacement exécutée.

Nicolas Villodre villodre@noos.fr

Photos 1 & 3 Rafales © Martin Argyroglo D.R. - Photo 2 © Nicolas Villodre D.R.

www.petites-scenes-ouvertes.fr/la-grande-scene



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