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Ambra Senatore, Scena madre : danse au 3e degré par Nicolas Villodre

Après une section de danse pure – ou impure, selon que vous serez balletomane ou tenant de contemporain –, l’opus, Scena madre, vire à la danse-théâtre, au théâtre dansé ou, plus exactement, à la danse « théâtrée ».

Ambra Senatore chorégraphie un long passage avec une gestuelle minimaliste à base de déambulations, d’apparitions de derrière les fagots (= l’un des trois rideaux noirs bordant l’espace), de disparitions, d’accumulations de personnages et aussi d’actions (telles que s’asseoir en tailleur, lever un bras, donner une tape sur l’épaule d’un partenaire), d’enchaînements tout sauf virtuoses, le tout en silence ou presque – quelques touches sonores et notes musicales lointaines ponctuent la séquence. Les tenues des interprètes sont impeccables, designées par Louise Hochet (assistée de Noémie Parsy). Il va sans dire que le septet se balade pieds nus sur le lino blanc. Ce bloc relativement cohérent, pour ne pas dire dense, est fendillé de velléités « déconstructives ». On pense, par exemple, à des gels de mouvements, à des marches-arrière, à des routines copiées-collées, repassées en boucle, à intervalles plus ou moins réguliers.

Déjà, des indices peuvent nous mettre la puce à l’oreille, qui tendent à prouver la tentation représentative de l’auteure : le regard appuyé en direction de la salle de la danseuse brune en pantalon large et marinière siglée Gaultier ou Montebourg ; l’affect mis dans le geste le plus anodin ; une minauderie du poignet sans objet bien précis ; une feinte indifférence, etc. Tout cela s’accélère, la musique se fait présente, et même, par endroits, insistante (on pense à la valse récurrente quelque peu pompière). Une ébauche de manège rompt le train-train de l’écoulement. L’espace est occupé de plusieurs manières : par le travail au sol de certains, les acrobaties des autres, des bousculades maîtrisées, des courses-poursuites. L’unisson devient dominant, là où les individualités trouvaient à s’exprimer, le temps de l’exposition.

La résolution qui, dans le cinéma narratif, se situe dans ce que Senatore appelle la « scène mère », scène-clé généralement placée au finale (parfois livrée d’emblée avant un flash-back explicatif), devient alors la question centrale que semblent (se) poser les danseurs-comédiens. Des bribes de dialogues extraits d’un roman policier à l’anglaise (où l’on consume des cigares et l’on consomme des verres de whisky) se mixent à des bruits divers (à des détonations, à une sirène de bateau, à un claquement de cordes de piano), façon cut-up. Plus qu’à résoudre l’énigme d’un tableau volé, on cherche à comprendre ce que la chorégraphe veut nous dire, une fois le geste ayant fait place à la parole ou, pour paraphraser Picasso, le désir ayant été rattrapé par la queue. Cette queue, un peu filandreuse, contrarie, selon nous, le premier acte – le temps de la valse –, du fait que la moindre trace figurative lyse l’abstraction.

Alors qu’un des acteurs de la « trilogie du dollar » du western al dente de Sergio Leone, genre pris au second degré dans les années 60 aussi bien par celui-ci que par son public, est devenu à son tour un réalisateur adoubé par les critiques du 7e Art, en faisant dans le premier degré – on veut parler de Clint Eastwood –, Senatore se réfère, quant à elle, au western-spaghetti, qu’elle suggère par les moyens de la pantomime qui remonte au moins à la commedia dell’arte (portes battantes du saloon, scène de bagarre et de duel) ou par des citations sonores (coup de feu, accords de guitare électrique usant de vibrato dans le style emprunté par Morricone aux « Shadows ». Ce pastiche de ce qui était déjà parodie, ce troisième degré de la perception des choses peut donner l’impression d’aller de soi. Peu de gags cherchent à concurrencer l’original ou l’originel – si ce n’est la main sortie du mur qui débarrasse un buveur de son verre ou la figurante en coulisses condamnée à la corvée de pluche.

Si la danse est sacrifiée sur l’autel de la « fiction » (l’idéal, depuis un moment, dirait-on), il n’en demeure pas moins que la structure est plaisante à voir, espacée en trois actes par des fondus au noirs – les deux derniers étant précédés d’effets stroboscopiques voulus par Fausto Bonvini. La distribution est convaincante. A un moment donné, on échappe même au cabotinage ; à un autre, la comédie devient, trop brièvement, musicale ; toujours, le sens inné de l’élégance rattrape la faiblesse. Le public a réagi aux effets de manche, aux mots d’auteur, à chaque clin d’œil. Au premier degré.

Nicolas Villodre villodre@noos.fr

Photo 1 & 2 © Laurent Philippe D.R. / Photo 3 ©  Nicolas Villodre D.R.

Les prochaines dates de Scena madre* sont : Les 8 et 9 février à 20h30 au Merlan, scène nationale de Marseille / Le 16 février à 20h30 à la Maison de la musique de Nanterre.

Ambra Senatore - Chorégraphique National de Nantes ccnnantes.fr



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