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Aurélien Richard : Enfer et damnation par Nicolas Villodre

Dans la famille Richard, je voudrais le frère cadet, le multi-talentueux Aurélien, pianiste, compositeur, chorégraphe, rédac’ chef de magazine de danse. Nous avons fait le voyage à Reims pour découvrir la dernière création de ce dernier, comme il se doit, pavée de bonnes intentions et énigmatiquement intitulée Enfer...

L’auteur de la pièce se propose de ressusciter et/ou de nous restituer, au temps de leur éternelle jeunesse, neuf dames du temps jadis chères à son cœur pour des raisons d’ordre esthétique ou sentimental, qui ont à voir avec la formation singulière du goût. De ce fait, neuf tableaux – autant de zones concentriques de l’enfer dantesque, et ne sont pas, dans le cas qui nous occupe, des cercles vicieux – structurent un spectacle de style cabaretier. Ex-fan des sixties (débordant parfois, en l’anticipant, cette période), Aurélien Richard présente son panthéon féminin de figures prises dans divers territoires, ceux des arts majeurs comme ceux dits mineurs. Pour incarner ses neuf muses, celui-ci a choisi l’étonnante danseuse Yasminee Lepe Gonzalez qui doit se livrer près d’une heure durant à une pratique de transformer tenant de la performance, qu’on pourrait nommer « transformance ».

Aurélien Richard apparaît au tout début, accompagnant sa partenaire en jouant du piano assis à croupetons (il faut dire qu’il utilise un modèle pour enfant) dans l’hommage à la cantatrice Cathy Berberian dont la sono diffuse en playback sa version de 1966 du tube « Ticket to Ride », écrit l’année précédente par John Lennon, arrangé par le compositeur néerlandais Louis Andriessen façon oratorio de Haendel. Dans un passage obscur – dans tous les sens du terme –, à base de petits gestes des mains, l’auteur se réfère à Bronislava Nijinska – la sœur de l’autre – dont il avait déjà eu l’occasion de remonter Noces (1923). La chanteuse de variétés internationales Nana Mouskouri (qui, soit dit en passant, vient de sortir un nouvel album) interprète (ou interprétait) une chanson moins connue de Serge Gainsbourg, « Les yeux pour pleurer » (1963). Pour illustrer la B.O. du Mépris de Godard qui date de cette même année, signée Georges Delerue, dans la partie où B.B. est emperruquée en brune, coiffée à la Louise Brooks, le chorégraphe a opté pour un éclairage, des reptations et des mimiques grotesques stylisant le numéro de manière expressionniste – langienne.

Yasminee Lepe Gonzalez nous livre sur demi-pointes la version de Ghislaine Thesmar de La Mort du cygne que chorégraphia en 1907 Michel Fokine pour Anna Pavlova et qui ne cessa d’être reprise par les plus grandes ballerines du siècle passé – la plus ancienne version tournée étant celle de Vera Karalli dans le film éponyme d’Evgueni Bauer sorti en 1917. Usant des dialogues d’un deuxième Godard (Vivre sa vie, 1962) comme d’une musique, Richard salue sobrement, minimalement, Anna Karina. Yasminee n’a besoin que d’enlever son pardessus panthère, de se mettre en cheveux et de surligner son regard de deux traits d’eye liner pour être crédible en Amy Winehouse, la chanteuse maudite britannique à la voix de Lady Day. L’auteure dramatique Sarah Kane, au sort tout aussi tragique, est évoquée au moyen de quelques-unes de ses répliques. Enfin, le compte à rebours s’achève sur l’on ne peut plus photogénique Romy Schneider. Enfer prenant alors le sens que Clouzot voulait donner à un film resté inachevé, laissé « en plan » en 1964 et dont Serge Bromberg retrouva les rushes et les montra tels quels ou presque, grâce à la veuve du cinéaste. Photographiée par Lubtchansky, Romy Schneider y rayonnait, les bouts d’essai de Clouzot s’avérant des coups de maître. On peut comprendre qu’Aurélien Richard ait voulu finir sa pièce par ce clin d’œil.

Nicolas Villodre villodre@noos.fr

Photo 1, 2, 3 & 4 ©  Nicolas Villodre D.R.

Aurélien Richard - Cie Liminal



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