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Orphée et Eurydice par Nicolas Villodre

Avec L'Orfeo, favola in musica (1607), Claudio Monteverdi consacra le nouveau genre qu’était l’opéra, dont l’un des précurseurs fut Jacopo Peri, co-auteur de La Pellegrina (1589), de Dafne (1598) et compositeur d’Euridice (1600). Nous avons eu le plaisir, quant à nous, d’assister à la Scala de Milan à l’Orphée et Eurydice de Christoph Willibald Gluck dans sa version française (de 1774) et non dans celle, originelle, en italien de 1762. Cet opéra, « action théâtrale en musique » ou « drame héroïque » fut donné en 2015 à Covent Garden et repris cet hiver à Milan.

On pourra toujours trouver à pinailler. Ici, par exemple, les longs cache-poussière pour western spaghetti dont on a jugé nécessaire de recouvrir le chœur ; le costume ajusté, en lamé mordoré, qui moule le concept d’Amour personnifié par l’excellente mezzo-soprano égyptienne Fatma Said (la première de ce pays à se produire sur cette prestigieuse scène) ; les haillons pendouillant sur les bénards des garçons du corps de ballet (le torse, comme il se doit depuis Momo, restant dénudé et rasé de frais) ; les oripeaux, en partie consumés avec le corps de sa régulière, Eurydice, infante défunte ou belle endormie jouée par l’expressionniste et énergique Christiane Karg, dont le héros de la soirée, Orphée himself, interprété par le subtil ténor péruvien Juan Diego Flórez, croit bon se recouvrir le fendant pour avoir le look faune ; les traits de charbon mâchurant son minois plus de deux heures durant. Certains même, on en a connu, trouvaient que le chanteur manquait de coffre – la Scala refusant pour l’instant le recours à la sono. Ceci dit, l’ensemble est d’un très haut niveau. Que ce soit l’orchestre, mené par Michele Mariotti, qui a opté pour une esthétique post-baroque, pré-classique, d’un jeu tout en nuance, en finesse, en délicatesse, sans aucun effet de manche, y compris dans les soli – cf. ceux de harpe, de flûte traversière et de clarinette.

De ce fait, la virtuosité vocale de Flórez a trouvé à s’exprimer, jamais recouverte ni étouffée par une masse sonore orchestrale disproportionnée. Le jeune interprète en a gardé sous le coude pour nous délivrer dans les meilleures dispositions son lamento « J’ai perdu mon Eurydice » à l’acte III, le hit de Gluck, sous les acclamations de l’auditoire le plus exigeant au monde. La mise en scène de John Fulljames à laquelle a contribué le chorégraphe Hofesch Shechter nous a semblé très efficace. Les mouvements étaient tous justifiés par l’action, par la partition, par la volonté de spatialiser les émissions du chœur. Compte tenu de la foule compacte de choristes, de musiciens et de danseurs distribués, le parti pris scénographique de Conor Murphy était étonnant et plus réussi, sans aucun doute, que ses costumes puisque, au lieu de le reclure en fosse, il a mis en valeur l’orchestre en l’élevant, littéralement, par un système hydraulique, à différentes hauteurs de la scène et en l’éclairant par les couleurs chaudes de Lee Curran.

Après l’entracte, la configuration en dôme de l’espace s’est changée en plans horizontaux et les puits de lumière panthéonesques sont devenus des fentes laissant passer de multiples faisceaux. Hofesch Shechter a eu un peu trop tendance à souligner ou surligner les motifs musicaux et rythmiques de Gluck avec des danses à l’unisson, comme à l’armée pour les hommes, et des mouvements d’ensemble plus légers en ce qui concerne les ballerines qui portaient beau des robes mi-longues aux teintes bleu Nattier. Les figures imposées des danses anciennes – contredanses et menuets – marquaient, elles aussi, systématiquement le tempo sans souci contrapunctique mais s’écartaient audacieusement du vocabulaire classique, et même néoclassique. Le chorégraphe a su, comme le ténor, garder le meilleur pour la fin. Ainsi, nous avons eu droit à une séquence en miroir, la partie mâle du ballet se produisant au rez-de-chaussée tandis que les nymphes déroulaient une identique suite gestuelle à l’étage supérieur. On a alors pensé aux claquettes caressantes de Fred Astaire dans Top Hat, au ballet de taulards sur deux niveaux de Jailhouse Rock, à Available Light de Lucinda Childs...

Nicolas Villodre villodre@noos.fr

Photo 1 © Marco Brescia & Rudy Amisan / Photo 2 © Nicolas Villodre D.R.

www.teatroallascala.org



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