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Fabrizio Favale : Circeo par Nicolas Villodre

Chaillot a présenté, à Gémier, à guichets fermés, aux prémices du printemps 2018, la pièce de Fabrizio Favale, Circeo. En ce temps de résurrection, il convenait de saluer comme il se doit le retour de la danse contemporaine transalpine dont les radars avaient perdu la trace au milieu des années 90, sous l’ère Berlusconi.

Certes, tout n’est pas encore revenu à la normale ; il semblerait que les formations au ballet moderne et aux expressions actuelles aient été différées pour longtemps en raison des coupes budgétaires drastiques pratiquées par le ministère des biens et activités culturels (et du tourisme) offrant peu de perspectives d’avenir aux danseurs comme aux chorégraphes – nombre d’entre eux ayant, de ce fait, été amenés à se recycler dans le classique, le théâtre, le circassien ou la grosse cavalerie du spectacle. Le hasard a voulu que la pièce Circeo ait précisément pour thèmes la dégradation et la dégénérescence (la pollution industrielle en général et celle de la radioactivité en particulier y sont pointées du doigt) et emprunte sa manière et sa tonalité à la tragédie. On n’y trouvera donc rien de bien joyeux dans la gestuelle répétitive, la déco dépressive, la B.O. dramatique, oppressante de Daniela Cattivelli, pas plus que dans les lumières, au finale, aveuglantes, signées du chorégraphe et de son talentueux interprète Andrea Del Bianco.

Par ailleurs, la danse ne recherche ni la difficulté technique des mouvements individuels, ni celle de l’ensemble des neuf interprètes qui se dépensent sans compter. La plupart d’entre eux étant semi-professionnels, il serait vain de chercher à les comparer aux distributions de compagnies auxquelles le Théâtre national de la danse et celui de la Ville nous ont habitué (Forsythe, Chouinard, Michael Clark, De Keersmaeker, Decouflé, etc.). Le « désir d’abstraction » cher à Favale se cristallise dans la forme sphérique indéterminée, inquiétante et étrange qui plane, comme le danger, sur scène. Elle est longtemps confinée côté cour et ressemble de loin au buste cabossé de Beethoven vu par Bourdelle. Cette grosse tête carnavalesque enflée à l’hélium tels les oreillers warholiens du RainForest (1968) de Cunningham, intrigue. Elle est tout aussi polysémique que la danse elle-même. Celle-ci garde néanmoins une attache représentative quand bien même son propos est ambigu.

Nous avons cherché à justifier la peau de chagrin pour ce qui est de la production et de l’innovation chorégraphiques en Italie par le contexte sociopolitique de la botte au tournant de ce siècle. On pourrait dire que l’hésitation entre deux voies qui semblent en France antagonistes, le néoclassique et le contemporain, est symbolisée dans le cas qui nous occupe par le port de chaussettes des danseurs ! Cet accessoire protecteur des petons est un compromis, lui aussi historique, entre les chaussons de danse du ballet le plus académique et la nudité des extrémités introduite par Isadora. Entièrement interprété par des hommes, Circeo s’inscrit dans une tradition qu’on retrouve aussi bien dans le hip hop que dans des productions récentes – on pense, par exemple, à Et mon cœur à foison (2014) d’Alban Richard, à D’après une histoire vraie (2014) de Christian Rizzo ou à Näss (2018) de Fouad Boussouf. Le côté machiste (pour ne pas dire Maciste : les danseurs, fins et athlétiques n’ayant pas la masse musculaire de culturistes) est assumé tranquillement et ne fait pas l’objet de prosélytisme. Paradoxalement, la nudité y est prude, limitée au torse, comme chez Béjart, ou aux gambettes, le striptease intégral d’un danseur, à deux reprises, se déroulant dos au public.

Nous avons donc été heureux de pouvoir constater la renaissance de la danse contemporaine en Italie, que certains signes pouvaient annoncer et qui, désormais est un fait. Auguri !

Nicolas Villodre villodre@noos.fr

Photo 1 © Fabrizio Favale Le Supplici / Photo 2 © Alfredo Anceschi / Photo 3 © Nicolas Villodre

Fabrizio Favale Le Supplici - www.lesupplici.it



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