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Qyrq Qyz ou les 40 Amazones par Nicolas Villodre

Le musée du quai Branly Jacques Chirac a présenté, fin mai 2018, en première européenne, le spectacle Qyrq Qyz, une « épopée légendaire des steppes d’Asie centrale [qui] magnifie l’héroïsme féminin de quarante guerrières », une Iliade datant des temps préislamiques.

Le mot « spectacle » n’est pas trop fort dans la mesure où chaque élément rituel destiné à commémorer ou célébrer l’événement historique, réel ou mythique, est « détourné » par une présentation théâtrale frontale et non participative du public, adapté au goût occidental et sur-amplifié par les moyens audiovisuels actuels – la vidéo, la sono, les micros HF, la réverbération systématique, les éclairages de scène, les costumes (Hilola Sher), les coiffures, les maquillages et la perfection même de la technique des interprètes, musiciens, comédiennes et chanteuses (Alibek Abdurakhmanov, Aysanem Yusupova, Gumisay Berdikhanova, Gumshagul Bekturganova, Aziza Davronova, Tokzhan Karatai, Makhabat Kobogonova, Arailym Omirbekova, Saltanat Yersultan).

40 Jeanne d’Arc

L’ampleur, pour ne pas dire la pompe d’un show qui paraît destiné aux salles de Vegas, aux palais des peuples ou des congrès, à l’équivalent de nos « zéniths » est certainement la part susceptible de gêner les puristes, dont nous ne sommes pas, certains abonnés de l’établissement voué aux arts premiers et les amateurs de reconstitutions fidèles ou « authentiques ». La vidéaste Saodat Ismailova, formée par Le Fresnoy, dont l’esthétique et le montage ressortent à celle du clip musical, publicitaire, voire touristique, et le compositeur de musique sacrée ouzbek Dmitri Yanov-Yanovsky illustrent les poèmes antiques tout en les « modernisant ». Le récit karakalpak nous est transmis à la fois par des images prises in situ, tournées en HD, d’impressionnants paysages de terres arides, de déserts et de monticules rocheux, et par le jeu en direct, dramatique, musical et vocal de huit jeunes femmes en représentant cinq fois plus auxquelles on a adjoint un percussionniste d’une redoutable efficacité.

Séverine Rième a signé les lumières ainsi qu’une chorégraphie réduite au minimum syndical – aux lentes entrées et sorties, aux hiératiques déambulations, à l’occupation de l’espace scénique par les artistes. Une « performance arty », d’abord donnée à voir sur grand écran, puis, par la suite, en fin de soirée, reprise sur le plateau de la salle Claude Lévi-Strauss, superpose des aigledons en duvet faisant office de courtepointes, recouverts de soies chatoyantes se trouvant là, par hasard ou presque (il s’agit en réalité d’une scénographie conçue par Kamilla Kurmanbekova), entassés côté jardin – une quarantaine en tout, c’est probable. On pense alors à une pièce d’agitprop de Robyn Orlin, In a world full of butterflies... vue au théâtre de la Bastille en 2013, ayant pour décor des tentes multicolores pour les sans-abris ou enfants de Don Quichotte.

Musical engagé

Ici, la visée politique est tout autre. Il s’agit surtout de développer la connaissance des musiques et des traditions populaires d’Asie centrale. On a en tête, à cet égard, la projection du chef d’œuvre de Vsevolod Poudovkine, Tempête sur l’Asie (1928), film muet de propagande soviétique cherchant à récupérer le chamanisme des descendants de Gengis Khan, accompagné en direct par un orchestre de rock mongol dans la cour d’un palais de Bologne, il y a de cela une vingtaine d’années. Dans le cas présent, les différences sont respectées – plusieurs langues sont utilisées, récitées, énergiquement chantées ou murmurées. La structure suivait les quatre éléments de la cosmologie zoroastrienne qui sont aussi les nôtres : la terre, l’air, l’eau et le feu – la guerre patriotique étant associée à ce dernier.

Le travail purement musical, même lissé pour l’exportation, force le respect. Les instruments typiques, droit issus de la légende qui nous est contée, ceux-là mêmes qui ont suivi la route de la soie et qui ont évolué au cours des siècles. Que ce soit le ghirjek, prototype de violon, le dutar, le dombyra et le komuz, des luths au manche effilé, le doyra ou tambourin, le chang, sorte de djembé, le qobyz et le kyl-kiyak, des vièles primitives, le jygach ooz komuz, le jetigen, une cithare tenant de la washboard, une longue guimbarde en bois, le chopo-choor, un ocarina d’argile qui conclut le concert, sans oublier les assiettes en porcelaine frappées à l’aide de dés, transformées en crotales, tout était joué avec une maestria et finesse. La troupe a, logiquement, été acclamée et rappelée.

Nicolas Villodre villodre@noos.fr

Photo 1, 2 & 3 © Nicolas Villodre

www.quaibranly.fr



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