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Chez la mère Michou

On n’entre pas ici comme dans un moulin. Il faut sonner. Passé la porte, on se croirait dans la caverne d’Ali Baba. Dès le couloir, murs pullulants de photos, évoquant à l’envi Michou avec maintes personnalités du showbizz. Au bar, l’atmosphère est conviviale. Dans la salle de restaurant, adjacente à la minuscule scène encore vide, la gaieté règne. Les clients se lèchent les babines, servis par de détonants serveurs qui ne tarderont pas à se transformer en star du spectacle. Leur maquillage soigné en dit déjà long. Patrick, maître d’œuvre, officie en maître de cabaret. Pince-sans-rire, ses grands yeux pétillent de malice sous son reluisant crâne de Kojak ; rigueur et fantaisie font bon ménage en lui. Trente ans de souvenirs qui s ‘égrènent joyeusement au fil d’une conversation facile. Il alpague gentiment " ses " garçons, sans raillerie ni hauteur. Nous sommes dans une grande famille. De 14 travestis, dont 2 ont " passé le cap " et sont désormais de " vraies filles ", Lulu et Johanna. Lulu, c’est Dalida. Johanna, Vanessa Paradis ou Larusso.

En haut, on n’en saura pas plus. Non, il n’y a pas l’ombre d’une prostitution ici, ni d’une revendication passée par un artiste éconduit par sa mise en lumière. Le maître mot est bon goût. La vulgarité est bannie. Plutôt que caricature, on préfère parler d’hommage. Michou attire et entretient la sympathie. Libre choix est laissé aux artistes transformistes de faire évoluer le spectacle. C’est qu’ils savent déjà tout faire en arrivant : se maquiller, se déguiser, se déhancher, parfois même chanter, comme Lulu. Des artistes complets ! Côté public, on est loin des cars de touristes qui squattent les revues des grands boulevards, Moulin Rouge ou Lido. C’est que priorité est faite à une époque et à un style typiquement " frenchy " : la chanson française des années 70. Pas de populisme de mauvais aloi. Ni de déplacement inutile : show must go on, but show stays in Paris.

Ni tournées ni virées hors maison. Le lieu n’en est que plus mythique. Lustres kitsch au possible, force cristal, tentures doublées, lumière tamisée. Comme chez Mamie. En bas, dans les loges, l’ambiance est nettement plus " crazy ", mais tout aussi intimiste. Un petit couloir, et c’est dans de petites salles que se préparent les artistes, alignés trois par trois devant un long miroir. Des photos d’eux transformés parsèment triomphalement ce reflet du miracle : l’acte de leur transfiguration. Devant, Johanna s’apprête à devenir Vanessa Paradis. On a du mal à y croire. Plutôt discrète, voire timide, la désormais jeune femme ne tient de " la Paradis " que par un petit nez mutin. A côté d’elle, on est tout de suite à l’aise. Mis en confiance par l’infinie douceur de sa voix, et sa facilité aux confidences. Né de parents portugais, on devine le cheminement difficile qui l’a menée ici. L’opération, certes, mais avant cela, l’audace de cet être, pourtant si sensible, à oser faire de sa vie une scène, et du spectacle son métier. De cabaret parisien en émissions télévisées pas forcément exaltantes, Johanna a fait son chemin. Jusqu’à ce que Michou la repère, il y a 7 ans déjà. Professionnellement, c’est un aboutissement. Le meilleur cabaret transformiste ! A entretenir chaque jour. Ce n’est pas qu‘elle soigne sa carrière par le sport. Mais elle est une perfectionniste du maquillage. Une idéaliste d’un art qu’elle a étonnamment – comme la plupart de ses comparses – appris sur le tas. Se déguiser, enfant déjà, ça l’attirait. en femme, ça la titillait. Pas en fée ,non. En Star !.. L’évasion par les paillettes. Un petit bout de femme déterminé sous son air sage. A peine a-t-on le temps de se griller une cigarette, qu’elle est méconnaissable. Elle est Vanessa. Du coup, on lui demanderait bien de nous ravaler la façade ! Dans la pièce à côté, l’ambiance est au délire. Rires, chahutements, plaisanteries grivoises… Le temps n’a plus de prise. Il faut pourtant penser à monter bientôt en scène. Duduche, la figure phare de chez Michou - Maman, comme on l’appelle ici - , est presque prêt.

Trente ans que cet ancien dessinateur professionnel a viré son stylo pour prendre les pinceaux de maquillage. Il s’ennuyait de sa vie trop rangée. Son premier déguisement ? Pour plaisanter, il avoue que c’est son costume de militaire, quand il a fait (eh oui !) la guerre d’Algérie. La révolte hippie a suivi. Petit garçon déjà, il adorait se déguiser, et souvent on lui proposait des rôles féminins. Pas pour lui déplaire… Il s’entraînait déjà à peaufiner son coup de pinceau. Manier les fards relève chez lui du grand art. De l’architecture. rien n’est laissé au hasard. S’il est un peu raide au début, c’est qu’il est concentré. Mais quand il est sûr de sa " tête " il est intarissable. Sur le lieu, l’esprit festif qu’il y appréciait alors qu’il y venait en client. La Folle de Chaillot, Léopoldine, la sœur de Mozart, c’est lui. Mais duduche, Danièle Gilbert, c’était lui aussi. D’où le surnom.

Quant à Vartan, c’est encore un autre style : l’illusion totale. Jusqu’à cette froideur classe dans le regard. Mais l’heure n’est plus aux confidences. En scène ! Bardot, hilarante avec 150 kilos moulés de vichy rose, Pif émouvante en peignoir Cerdan, Dalida l’indomptable, Zizi Jeanmaire… C’est un défilé de génies tambour battant. 2 ou 3 numéros par soirée, n’est pas chez Michou qui veut ! Les candidats ne manquent d’ailleurs pas. Mais l’équipe tient bon et haut la barre. Avec un final en feu d’artifice de fleurs, sous la houlette de Patrick devenu " Patounet " le jardinier en tablier, arroseur taquin de ces demoiselles. Et l’on finit sa coupe que tous sont déjà démaquillés, sur le départ ! Les gagnants de défis ne perdent pas leur temps.

Bérengère Alfort, Novembre 2001

Photos © Alexandre Elkouby, D.R.

www.michou.com



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