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Night Stand de Steve PAXTON et Lisa NELSON - ‪Création 2004‬

Dans la dernière création de Lisa Nelson et Steve Paxton, programmée actuellement par Marseille Objectif Danse à la Friche de la belle de Mai, une partie du plaisir est de voir comment se construit et se reconstruit sans cesse un assemblage d’éléments chorégraphiques, précaire et fragile. Il nous arrive très rarement d’être mis en relation avec une proposition artistique dans laquelle la liberté humaine et donc celle du spectateur s’exprime avec une telle évidence. Avec cette danse, on comprend qu’il n’y a pas que le spectacle qui est en jeu, qu’il se passe autre chose que du spectacle. Leur corps continuent d’être les témoins actifs, et bien au -delà de la théorie, d’une manière de faire coïncider un art avec des chemins singuliers de vie. En traquant l’inter disciplinaire dans le champ chorégraphique ils nous ouvrent au " hors champ ", et l’on sent bien aujourd’hui l’importance de le réinventer, l’urgente et calme nécessité de plonger dans la dimension cachée de l’espace intime et social, de se la représenter. L’enjeu de cette proposition, peut-être son rôle historique, semble nous questionner sur les possibilités d’un " dedans " sans se couper du " dehors " ? Ce qui ne nous empêche pas au passage de raffiner nos habitudes perceptives.

Night Stand est un instantané de plénitude improbable qui donne aux visages de l’humanité le sourire essentiel, comme eux vulnérable et tendre, inquiet et éphémère. Peut - être que la danse de Lisa Nelson et Steve Paxton correspond à nos attentes secrètes de bonheur. En tous les cas, cette proposition montre le travail de la liberté à l’œuvre, et quel beau travail de recherche. La texture de la relation, sa porosité, sa contagion, l’intertextualité des corps, la matérialisation de l’espace entre eux et nous, le raffinement du regard qu’il s’adresse, l’attention qu’ils nous portent, la délicatesse des gestes, le trait d’esprit, tout cela et plus encore caractérise la simple tranquillité de ce récit. On pense à un théâtre Nô, dans son appropriation contemporaine, on chemine à travers une trame domestique, un drame à la foi triste et satirique, qui tient en équilibre instable et en assume pleinement la posture. L’ancrage du centre de gravité de Steve Paxton, la densité des changements de poids, les petites unités de mouvement de Lisa Nelson, agissent comme autant de stimulations pour le système nerveux. Les stratégies de cohabitation d’un couple libre, son partage de l’espace, ses décentrages, son système de valeur, l’accompagnement des solitudes, nous entrenent dans un ailleurs, un endroit ou le temps nous parle, plus simplement que les mots, dans un langage silencieux. L’approche comportementale de ces deux agités de la vie semble frictionner, circuler par les ondes électromagnétiques émises par l’homme. La perception tactile d’un espace, le développement de son instinct animal, les suspensions momentanées d’un élan, toujours avec ce qui ressemble à une possibilité de choisir, de s’orienter, de se réorienter dans son mouvement. La mise en place de ce langage rudimentaire se compose de mémoire subjective, d’élans et de résonances, de détournement d’objets pauvres, de différentes valeurs de plan. Nous sommes face à un paysage ouvert, changeant, observateurs d’un art d’habiter sensiblement des mondes.

De cette interdépendance des corps, on peut sentir l’ennui se glisser à son insu, comme une émotion " en négatif " de l’âme, une maladie de l’âme qui s’insinue dans le collage sonore de la pièce " prend tes médicaments, tu es malade… ". Mais ici cet ennui crée les conditions nécessaires à la pratique enthousiaste et passionné du jeu. On s’évade dans un bain de jouvence, on cultive son jardin potager. La réalité quotidienne flirt avec la fiction et la figure de Joseph Beuys sous sa couverture en feutre se superpose à celle de Steve Paxton fouillant les replis de ce qui deviendra plus tard un Kimono, l’apparition de Diane chasseresse se métamorphosant en végétale, femme furtive au trait de moussaillon, élégance clownesque d’un Peter Seller…Toutes ces figures ici convoquées nous aident à revisiter les impuissances de l’enfance et à les changer en puissance de l’imaginaire.

Un autre plaisir que procure Night Stand est de voir se jouer le processus de la pensée en acte. Il y a de la prise de risque dans l’air, risque de donner autant d’importance aux médiums et aux cheminements, (le fameux processus artistique), qu’à la forme à atteindre. Cette œuvre nous fait méditer sur nos habitudes corporelles et sur l’usage de toute la gamme des douceurs dont nous disposons. Peut - être une autre manière de réguler un système en faillite, de réconcilier l’homme avec son environnement, de continuer à se sentir concerné. Une belle leçon de vie où se retrouver et se perdre ne fait pas partie du hasard, mais participe à tenir éveillé un état de conscience aux choses et aux êtres. Quand il reste la nuit, l’inquiétude et l’optimisme sont de garde.

Christophe Haleb, Marseille, avril 2004.

D’après Night Stand (du 7 au 9 avril à 21h. à la Friche de la Belle de Mai. Programmation Marseille-Objectif-Danse)

Crédits photos (de haut en bas) :



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